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| DANIEL, verset par verset. (Adventistes) |
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Posté le: Jeu Déc 18, 2003 3:48 am
Sujet du message: DANIEL, verset par verset. (Adventistes)
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Bonjour,
Cet essai d'interprétation prophétique s'appuie sur un séminaire biblique (DAN et APO) de mon pasteur qui a suscité l'enthousiasme de dizaines de personnes chaque semaine depuis plus de 2 ans. Provenant de différentes confessions religieuses (catholiques, protestants, évangéliques et autres..), elles y ont participé suite à des conférences "bible et archéologie" présentées par ce même pasteur. Je vous recommande vivement de commencer par Daniel, avant d'aborder l'Apocalypse que je partagerais avec vous un peu plus tard.
Daniel, le prophète, "un livre biblique hors du commun".
INTRODUCTION:
LE CADRE HISTORIQUE DE L'EPOQUE DE DANIEL.
623 av-JC, Naissance de Daniel (?)
626 av-JC, Nabopolassar (626-605) se révolte contre l'Assyrie et se proclame roi de Babylone. Les Babyloniens et les Mèdes s'allient contre l'Assyrie. Le prince héritier de Babylone, Nebucadnetsar, épouse la princesse Mède pour sceller l'alliance.
612 av-JC, Les armées Babyloniennes et Mèdes s'emparent de Nivive et la détruisent.
609 av-JC, Josias, roi de Juda (640-609) s'oppose aux Egyptiens. Josias est tué à la bataille de Méguido.
605 av-JC, Nébucadnetsar (605-562) chasse les Egyptiens de Syrie et de Palestine. Jojakim (609-598), est soumis au roi de Babylone. Nébucadnetsar ramène des otages à Babylone. Parmi eux, Daniel qui a 18 ans environ et ses trois amis.
597 av-JC, Nébucadnetsar prend Jérusalem pour la deuxième fois, Jojakin (598-597) régna trois mois. Le jeune roi est déporté à Babylone avec sa famille et avec dix mille captifs. Nébucadnetsar place Sédécias, fils de Josias et oncle de Jojakin sur le trône, c'est le dernier roi de Juda (597-587).
586 av-JC, Nébucadnetsar incendie Jérusalem en juillet. (lire 2 Rois 25)
652 av-JC, Nébucadnetsar meurt après un règne de 43 ans. En six ans, trois rois montent sur le trône. Nabonide, le quatrième roi vit en dehors de Babylone et donne la régence à son fils aîné Belschatsar.
553 av-JC, Cyrus, roi de perse se révolte contre son suzerain, le Mède Astyage, et il devient le roi de l'empire médo-persan.
547 av-JC, Cyrus est vainqueur de Crésus, roi de Lydie, qu'il ajoute à son empire.
539 av-JC, Cyrus prend Babylone, en détournant le fleuve de l'Euphrate.
535 av-JC, Daniel meurt à 88 ans environ.
DATE DE LA COMPOSITION DU LIVRE:
Même la critique reconnaît l'unité de composition (Nous croyons, avec la tradition, que le livre date du 6ème siècle avant J.C). D'après Joseph, le canon était clos au 5ème siècle avant J-C. Le livre de Daniel est placé alors parmi les "écrits" et non parmi les "prophètes", parce que Daniel a eu la fonction et non la position d'un prophète. C'était un "laïque", un homme d'état dont Dieu s'est servi pour éclairer le roi, il n'était pas prophète de vocation.
AUTHENTICITE DU LIVRE DE DANIEL:
Ce fut le philosophe néoplatonicien Porphyre, né à Tyr en 233 et mort à Rome en 303, qui avait essayé de démontrer la composition tardive du livre de Daniel et que la plupart des critiques ont repris par la suite. L'auteur serait donc un inconnu du 2ème siècle, sous Antiochus Epiphane. Il aurait transformé l'histoire en prophétie... Depuis 200 ans, le livre de Daniel est malmené par la haute critique qui n'admet ni les miracles ni les prophéties.
Pourtant, l'authenticité prophétique est confirmée. PAR JESUS en Matthieu 24:15 (lorsque vous verrez l'abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel...). PAR FLAVIUS JOSEPH, historien Juif du 1er siècle, qui parle de Daniel comme le plus grand des prophètes (Antiquités Juives X. 11,7). PAR LA COMMUNAUTE DE QUMRAN, plusieurs manuscrits recouvrants pratiquement tous les chapitres du livre de Daniel ont été retrouvés. Cela prouve que le livre de Daniel fut probablement un des livres favoris de la secte de Qumran. PAR LE TALMUD qui tient le livre de Daniel en haute estime. Daniel est admiré "comme le sage le plus puissant de tous les peuples".
PAR L'EGLISE ANCIENNE, au travers des siècles: Hippolyte, Jérôme, Thomas d'Aquin...PAR LES REFORMATEURS, Luther, Calvin...Selon Luther qui traduisait les écritures, Daniel est le livre qui mérite d'être publié le premier. Calvin lui consacra ses plus belles conférences. PAR LES PROTESTANTS comme K.A Auberlin, L. Gaussen. PAR LES COMMENTATEURS CATHOLIQUES, P. Manuel Lacunza, l'abbé Fabre d'Envieu, l'abbé F. Vigouroux, le Père Lagrange. Parlant de la critique libérale, l'abbé A. Crampon écrit: "Cette théorie arbitraire, due aux préjugés, est contredite par le témoignage de la tradition juive et chrétienne et par le témoignage que le livre se rend à lui-même (la Sainte Bible, vol.V, 1901, p646).
PAR LES HOMMES DE NOTRE EPOQUE: Franz Rosenzweig, philosophe, établi un rapport entre l'histoire du monde et la prophétie de Daniel. André Néher qualifie Daniel comme le prophète de la prière. Pour Elie Wiesel, le livre de Daniel contient le secret de l'espérance. Pour l'islam, le livre de Daniel est tout particulièrement apprécié, le Coran s'y réfère.
GENRE LITTERAIRE:
Ce livre appartient au genre apocalyptique. L'auteur inspiré s'adresse principalement à des générations futures, dans un langage chiffré. Les idées comme les faits sont présentés sous forme de symboles plus ou moins transparents, que le lecteur doit traduire à l'aide d'une clef fournie par la bible elle-même. Ce style offre l'avantage de dire beaucoup de choses en peu de mots. Il permet aussi de voiler des vérités qu'il serait inopportun de publier avant le temps choisi par Dieu.
UN LIVRE UNIVERSEL:
Le livre de Daniel véhicule un message universel qui nous concerne tous, parce que sa vérité concerne le destin de l'humanité toute entière et du monde. Par son contenu (un livre religieux, d'histoire, de prières, de poésie, de sagesse et d'énigmes). Par son langage et par sa forme, c'est un livre ouvert à tous. Par son message et sa vérité, il concerne l'humanité toute entière. Par sa prophétie, il pointe vers la fin, décrite comme un événement cosmique.
Le livre de Daniel a été écrit pour la période de l'histoire qu'on appelle la fin. C'est de toute la bible le livre le plus préoccupé par la fin cosmique du monde (Dan 12: 4,6,8,9,13). Sur les 42 emplois de l'hébreu (qetz-fin), 5 se trouvent dans Daniel. on y découvre les pensées les plus profondes sur Dieu, sur l'histoire, sur l'homme, sur l'existence... La révélation de Daniel se situe comme une vérité qu'on doit rechercher pour la comprendre.
Daniel montre les conséquences du péché, non seulement au niveau des individus, mais encore au niveau des nations et de l'Eglise. Il décrit le sort du peuple d'Israël, de l'Eglise chrétienne et des nations jusqu'à la fin. Ce livre est resté longtemps fermé (Dan 12:4). L'Apocalypse annonce son ouverture au temps de la fin (Ap 10:8). Au 19ème siècle, un grand réveil eut lieu suite à une étude toute particulière du livre. Depuis le 19ème siècle, le livre n'est plus scellé et il mérite toute notre attention.
Jules Fabre d'Envieu n'hésite pas à appeler Daniel "le plus grand des prophètes qu'ait eu le peuple hébreu" (le livre du prophète Daniel,I, p.53). Isaac Newton considérait les prophéties de Daniel comme la clef de toutes les autres.
LES PRINCIPALES ECOLES D'INTERPRETATION:
1) Prétériste: tout se réduit à un accomplissement immédiat. Le message est situé avec son auteur, dans son temps.
2) Futuriste: tout est à venir !. Il prend au sérieux le caractère eschatologique, mais oublie que ce qui est à venir a souvent été réalisé dans le passé.
3) Spiritualiste: tout et interprété symboliquement. Or, on ne peut nier tout rapport avec l'histoire.
4) Historico-prophétique: prend au sérieux l'élément prédictif et cherche sa réalisation dans le cours de l'histoire. C'est une véritable théologie de l'histoire. Non pas un oracle pour satisfaire la curiosité, mais un guide à travers les ténèbres.
LE PLAN DU LIVRE DE DANIEL:
La première partie (chapitres 1 à 6) est essentiellement historique, donnant des renseignements précieux sur l'exil d'Israël à Babylone, même s'il y a des prophéties.
La deuxième partie (chapitres 7 à 12) est essentiellement prophétique, offrant la clef de la théologie de l'histoire, depuis Daniel et jusqu'à la fin.
Son objet est de montrer que Dieu déploie son pouvoir souverain sur les individus, les peuples et les rois de manière à conduire l'histoire vers une fin glorieuse, un royaume éternel de paix. Néanmoins, Dieu laisse toutes les nations suivre leurs propres voies (Actes 14:16).
Le livre de Daniel est aussi une petite merveille de composition littéraire, parce que dans sa structure interne on découvre plusieurs parallélismes (concentriques ou chiastiques) de type A-A1, B-B1. Mais le plus important, et nous le verrons tout au long de ce livre, c'est que Jésus-Christ est au coeur de ces messages et de ces prophéties. Prochaine étape, chapitre 1.
Merci de me lire, de me corriger si nécessaire.
Philippe. |
_________________ Ayons cette même pensée; et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera (ou m'éclairera) aussi là-dessus. (Phil 3:15.) septphil@free.fr
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| DANIEL, verset par verset. (Adventistes) |
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Posté le: Jeu Déc 18, 2003 3:52 am
Sujet du message: Daniel, suite 01
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Bonjour, je vous propose la suite 01
Je vous propose de commencer par le chapitre 1 du livre de Daniel.
DANIEL CHAPITRE 1, versets 1 à 4
1 La troisième année du règne de Jojakim, roi de Juda, Nebucadnetsar, roi de Babylone, marcha contre Jérusalem et l'assiégea. (la troisième année du règne de Jojakim, roi de Juda, correspond à 605 av-JC. Jojakim régna de 609-598).
2 Le Seigneur livra entre ses mains Jojakim, roi de Juda, et une partie des ustensiles de la maison de Dieu. Nebucadnetsar emporta les ustensiles au pays de Schinear, dans la maison de son dieu, il les mit dans la maison du trésor de son dieu.
3 Le roi donna l'ordre à Aschpenaz, chef de ses eunuques, d'amener quelques-uns des enfants d'Israël de race royale ou de famille noble,
4 de jeunes garçons sans défaut corporel, beaux de figure, doués de sagesse, d'intelligence et d'instruction, capables de servir dans le palais du roi, et à qui l'on enseignerait les lettres et la langue des Chaldéens.
COMMENTAIRE DU CHAPITRE 1 DE DANIEL:
L'introduction s'ouvre sur un choc: Babylone contre Jérusalem. Ici c'est la victoire de Babylone sur Jérusalem et le peuple de Dieu. Dans l'Apocalypse, à la fin des temps, c'est Jérusalem et le peuple de Dieu qui l'emportent sur Babylone. (Ap 18:21-22)
Au-delà du conflit local qui oppose les deux royaumes historiques, il nous faut voir un conflit cosmique, entre le bien et le mal. Dès les temps les plus anciens, Babylone a représenté dans la bible la puissance du mal qui s'oppose à Dieu. L'histoire de la tour de Babel, qui n'est autre que le nom hébreu de Babylone, a été conservé dans la mémoire biblique comme le symbole du mouvement d'en bas pour usurper la puissance d'en haut (Gen 11: 1-9). Le pays de Schinear est l'ancien nom mythique de Babylone (Dan 1:2).
Derrière l'affrontement entre les forces de Babylone et celles de Jérusalem, le prophète laisse donc entendre une bataille d'une autre dimension et d'un autre ordre. Dès le départ le ton est ainsi donné et tout le livre de Daniel devra se lire selon cette clé.
LA DEPORTATION: DAN 1:2
Le peuple de Dieu et les ustensiles sacrés du temple deviennent la propriété de Nebucadnetsar et de Babylone. Jojakim, avec le royaume de Juda, Benjamin et Lévi, au sud, représente le dernier Etat survivant de l'ancien grand royaume de David. En 722, le royaume du Nord, avec les 10 tribus sous le nom d'Israël, a subi le même sort par les Assyriens (2Rois 17:4-23). La majorité du peuple hébreu a donc disparu dans la tourmente. Dix tribus sur les treize se fondent à la masse assyrienne.
Le royaume de Juda avec ses trois tribus restantes survit encore quelques temps, pour connaître le même sort en 586, quand pour la troisième fois Nebucadnetsar monte contre Jérusalem et l'incendie. En 605 à Karkémish les Egyptiens sont battus par Nebucadnetsar, qui a déjà traversé Juda et assujetti le roi Jojakim. Il s'apprête à les poursuivre lorsqu'il apprend la mort de son père. Il décide de rentrer au plus vite à Babylone pour réclamer le trône. Avec quelques soldats, il s'engage à travers les pistes du désert.
Au passage, il emmène quelques jeunes captifs parmi l'élite de Juda. Daniel et ses compagnons sont du voyage. Les prisonniers suivront avec le gros de la troupe, par le nord, la route des caravanes. La route est longue, environ mille cinq cents kilomètres. Abraham lui-même l'avait empruntée quelque 1500 ans auparavant. Cette fois-ci on suit le chemin inverse, destination Babylone.
Déracinés, enchaînés, les prisonniers de Juda savent qu'ils ont tout perdu. Leur passé, leur espoir, leur identité, leurs valeurs, tout est désormais compromis. En exil, ils apprendront très vite à oublier ce qu'ils étaient. L'oppresseur déportait les habitants pour mieux les assujettir.
La fin de Juda n'est pas simplement d'ordre politique, elle concerne le peuple élu et comporte de ce fait une dimension spirituelle et cosmique. Avec la disparition du dernier témoin de Dieu, c'est dans la perspective biblique la survie du monde qui est menacée. Babylone a remplacé Jérusalem. Les dieux de Babylone vont remplacer le vrai Dieu du peuple élu. Nebucadnetsar a remplacé le Dieu de Juda. Les ustensiles du temple sont déplacés. Cela est précisé par trois fois. Le pire, c'est que l'événement est vécu comme jugement de Dieu (Le Seigneur livra entre ses mains..) (v2).
C'est ici l'accomplissement des prophéties qu'avaient prononcées les anciens prophètes, en avertissement, mais aussi comme un appel à la repentance. (Esaïe 39:5-7-Voici, les temps viendront où l'on emportera à Babylone tout ce qui est dans ta maison et ce que tes pères ont amassé jusqu'à ce jour, il n'en restera rien, dit l'Eternel. Et l'on prendra de tes fils, qui seront sorti de toi, pour en faire des eunuques dans le palais du roi de Babylone.) et (Jérémie 20:5-Je livrerai toutes les richesses de cette ville, tout le produit de son travail, tout ce qu'elle a de précieux, je livrerai tous les trésors des rois de Juda entre les mains de leurs ennemis, qui les pilleront, les enlèveront et les transporteront à Babylone.)
DANIEL CHAPITRE 1, versets 5 à 7
5 Le roi leur assigna pour chaque jour une portion des mets de sa table et du vin dont il buvait, voulant les élever pendant trois années, au bout desquelles ils seraient au service du roi.
6 Il y avait parmi eux, d'entre les enfants de Juda, Daniel, Hanania, Mischaël et Azaria.
7 Le chef des eunuques leur donna des noms, à Daniel celui de Beltschatsar, à Hanania celui de Schadrac, à Mischaël celui de Méschac, et à Azaria celui d'Abed-Nego.
L'ALIENATION, COMMENTAIRE:
Arrivés à Babylone, les hébreux sont pris en main par les fonctionnaires du roi. Ces études de trois ans, impliquaient beaucoup plus qu'une initiation à l'écriture et à la littérature babyloniennes. Un minimum de trois langues était requis au programme du scribe. Le sumérien, la langue sacrée traditionnelle aux signes cunéiforme, le babylonien (ou l'akkadien), la langue nationale du pays, l'araméen, la langue internationale du commerce et de la diplomatie écrite dans l'alphabet carré que nous connaissons par nos bibles hébraïques actuelles.
Mais surtout, il fallait apprendre les techniques magiques des Chaldéens. Le mot 'chaldéen", dérivé de la racine babylonienne kaldu (ou kashdu), il signifie "construire des cartes astronomiques". Les Babyloniens étaient devenus des spécialistes en astronomie. Les documents anciens témoignent que depuis 747 av-JC ils avaient observé et même prédit les éclipses avec une précision remarquable.
Mais leur science avait un autre but. L'observation du ciel leur permettait, croyaient-il, de prévoir l'avenir. L'astronome chaldéen était avant tout un astrologue. La tradition de nos horoscopes date de cette époque. Les Babyloniens d'alors, comme beaucoup de nos contemporains, croyaient que le mouvement des astres déterminait la destinée de l'homme et même l'histoire universelle.
Le programme était donc essentiellement religieux, et était aménagé de façon à faire de nos amis hébreux de véritables prêtres Chaldéens rompus à toutes les méthodes secrètes de divination. Daniel et ses amis connaissaient les enseignements de Dieu à cet égard, où Dieu interdit ces pratiques (Deut 18:9-14).
Le roi "détermina" donc lui-même la composition du menu. Le verbe utilisé ici sous sa forme wayeman (détermina) n'a dans la bible hébraïque que Dieu pour sujet et n'apparaît que dans le contexte de la création (Jonas 2:1 ; 4:6-8). Nebucadnetsar, en "déterminant" le menu, prend la place du créateur. L'association "viande et vin" apparaît généralement dans la bible pour caractériser le repas rituel du culte d'adoration (Deut 32:38).
Participer à un tel repas revenait à se soumettre au culte babylonien, et à reconnaître Nebucadnetsar comme son dieu. Car, selon la religion, le roi était considéré comme Dieu sur la terre. La consommation rituelle et quotidienne de la viande et du vin n'était donc pas seulement destinée à nourrir les captifs hébreux, elle visait à faire d'eux des adorateurs du roi. L'expression hébraïque du verset 5, qui se traduit littéralement: "ils se tiendraient devant le roi", est une expression consacrée au service religieux, pour caractériser la fonction du lévite au service de Dieu (2Chr 29:11)
Pour bien marquer ce transfert d'autorité, on va même jusqu'à changer leur nom. Tout ce qui dans le nom pourrait rappeler l'ancien dieu doit être effacé et remplacé par une référence aux nouveaux dieux babyloniens. Daniel qui signifie en hébreu "Dieu est mon juge" devient Beltschatsar qui signifie "Que Bel (titre de Marduk, le principal dieu babylonien) protège sa vie". Hanania, qui signifie en hébreu "grâce de YHWH", devient Schadrac qui signifie "ordre d'Aku" (dieu sumérien de la lune). Mischaël, qui signifie en hébreu "qui est-ce que Dieu est", devient Meschac qui signifie "qui est ce qu'Aku est". Azaria, qui signifie "YHWH a aidé" devient Abed-Nego qui signifie "serviteur de Nego" (nom déformé du dieu Nabu, dieu de la sagesse).
à suivre la résistance et la libération, versets 8 à 21 du chapitre 1. |
_________________ Ayons cette même pensée; et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera (ou m'éclairera) aussi là-dessus. (Phil 3:15.) septphil@free.fr
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| DANIEL, verset par verset. (Adventistes) |
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Posté le: Jeu Déc 18, 2003 3:56 am
Sujet du message: Daniel, suite 02
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Bonjour, je vous propose la suite 02
DANIEL 1, versets 8 à 16
8 Daniel résolut de ne pas se souiller par les mets du roi et par le vin dont de roi buvait, et il pria le chef des eunuques de ne pas l'obliger à se souiller.
9 Dieu fit trouver à Daniel faveur et grâce devant le chef des eunuques.
10.Le chef des eunuques dit à Daniel: Je crains mon Seigneur le roi, qui a fixé ce que vous devez manger et boire; car pourquoi verrait-il votre visage plus abattu que celui des jeunes gens de votre âge ? Vous exposeriez ma tête auprès du roi.
11 Alors Daniel dit à l'intendant à qui le chef des eunuques avait remis la surveillance de Daniel, de Hanania, de Mischaël et d'Azaria:
12 Eprouve tes serviteurs pendant dix jours, et qu'on nous donne des légumes manger et de l'eau à boire;
13 tu regarderas ensuite notre visage et celui des jeunes gens qui mangent les mets du roi, et tu agiras avec tes serviteurs d'après ce que tu auras vu.
14 Il leur accorda ce qu'ils demandaient, et les éprouva pendant dix jours.
15 Au bout de dix jours, il avaient meilleur visage et plus d'embonpoint que tous les jeunes gens qui mangeaient les mets du roi.
16 L'intendant emportait les mets et le vin qui leur étaient destinés, et il leur donnait des légumes.
LA RESISTANCE (commentaire versets 8-16):
Daniel et les trois Hébreux réagissent. Réaction dans les noms changés. L'élément divin qui les compose a été systématiquement déformé. Au lieu de Belschatsar, Daniel porte le nom de Beltschatsar (avec un t), le nom du dieu Bel est devenu Belt. Au lieu de Shada Aku, Hananiah porte le nom de Shadrak, le nom du dieu Aku a été réduit à la lettre "k". Au lieu de Mushallim-Marduk, Mischaël porte le nom de Meshak, le nom du dieu Marduk a été lui aussi réduit à la lettre "k". Au lieu de Ardi-Nabu, Azaria porte le nom de AbedNego, Abed est la traduction hébraïque du mot babylonien Ardi, qui signifie serviteur. Quant au nom du dieu Nabu, il a été déformé en Nego (le beth a été remplacé par le gimmel, lettre suivante dans l'alphabet hébreu).
Mais leur détermination va plus loin que la surface des mots, elle s'étend curieusement jusque sur le plan de l'alimentation. Pour sauvegarder son identité, Daniel choisit de manger et de boire différemment. Il demande des légumes et de l'eau. La motivation de Daniel dépasse la simple préoccupation d'ordre diététique, elle est d'ordre essentiellement religieux. Daniel a le souci, nous dit le texte, "de ne pas se souiller" (v8). C'est un langage qui appartient au domaine religieux, qu'on retrouve dans le contexte lévitique de l'alimentation prohibée (Lév 11:29-40).
Le menu qu'il souhaite est une reprise littérale du texte de la création dans une association qui est propre seulement aux 2 passages. Les mêmes mots hébreux apparaissent ensemble: "légumes, donnés, pour manger" (Genèse 1:29). Daniel veut ainsi se re-situer par rapport à Dieu et au roi. Son Dieu n'est pas le roi mais le créateur. La religion de Daniel n'est pas seulement faite de croyances de l'esprit ou d'idées abstraites, elle implique également un engagement concret de son existence.
Daniel nous apprend que la foi ne concerne pas seulement l'esprit ou l'âme, mais qu'elle touche aussi bien la vie du corps. Que la religion soit aussi une question d'ordre alimentaire, voilà qui peut surprendre nos esprits nourris au dualisme platonicien. Il s'agit là pourtant d'un principe souligné tout au long de la bible. Le premier test auquel l'homme est soumis se présente comme un test alimentaire. Adam et Eve déterminent leur propre destin, et par voie de conséquence le destin de l'humanité tout entière, à partir d'un simple choix alimentaire ! (Gen 3)
Plus tard, les lois lévitiques des aliments purs et impurs rendent compte du même principe d'un rapport entre l'alimentation et ce que le lévitique appelle la "sainteté" (Lév 11:44,45). L'idéal des prêtres vise plus loin en justifiant leur abstinence de boisson alcoolisée sur une base religieuse, pour pouvoir discerner ce qui est sacré de ce qui ne l'est pas (Lév 10:8-11).
Notons cependant que Daniel n'en demeure pas moins "humain". Les jeunes Hébreux sont beaux et resplendissants de santé. Leur visage n'est pas abattu comme l'avait craint l'intendant du roi. En dix jours, ils font la preuve de la valeur de ce régime. En même temps ils démontrent qu'on peut très bien s'abstenir de viande et de vin et jouir pleinement de la vie. Remarquons comment Daniel se conduit vis-à-vis du fonctionnaire du roi. Ses convictions religieuses et son souci de sainteté ne le rendent pas pour autant arrogant, mal poli et sinistre. Au contraire, Daniel s'approche de son supérieur avec humilité, "et le prie de ne pas l'obliger à se souiller" (v8), il entretient même avec lui des relations d'estime et d'amitié (v9).
Cette attitude comporte une grande leçon pour des candidats à la sainteté. La sainteté n'exclut pas l'humanité, elle l'implique. Etre saint en signifie pas sortir du clan des hommes et se draper dans une justice sévère et accusatrice. Etre saint ne signifie pas non plus se détacher, esprit désincarné, de toute réalité et de toute joie de vivre. Daniel est un humain sympathique et bien en chair, mais il est aussi un saint qui ne fait aucun compromis et reste fidèle jusqu'au bout.
DANIEL 1, versets 17 à 21
17 Dieu accorda à ces quatre jeunes gens de la science, de l'intelligence dans toutes les lettres, et de la sagesse; et Daniel expliquait toutes les visions et tous les songes.
18 Au terme fixé par le roi pour qu'on les lui amenât, le chef des eunuques les présenta à Nebucadnesar;
19 Le roi s'entretint avec eux; et parmi tous ces jeunes gens, il ne s'en trouva aucun comme Daniel, Hanania, Mischaël et Azaria. Ils furent donc admis au service du roi.
20 Sur tous les objets qui réclamaient de la sagesse et de l'intelligence, et sur lesquels le roi les interrogeait, il les trouvait dix fois supérieurs à tous les magiciens et astrologues qui étaient dans tout son royaume.
21 Ainsi fut Daniel jusqu'à la première année du roi Cyrus.
LA LIBERATION (commentaire des versets 17 à 21)
Enfin, Dieu intervient. Jusque-là, il semblait absent. La dernière fois que Dieu était évoqué, c'était dans l'introduction, en rapport avec la captivité. En écho, la conclusion reprend la mention de Dieu, mais cette fois-ci dans une perspective positive. Dans l'introduction Dieu avait "donné" le roi de Juda et les ustensiles du temple à Nebucadnetsar. Dans la conclusion Dieu "donne" aux quatre jeunes gens science, intelligence et sagesse (v17). C'est le même mot (ntn) qui est utilisé pour faire ressortir la symétrie des deux situations, et en même temps souligner l'existence de Dieu.
Dieu est présent à tout moment, et c'est lui qui détermine le cours des événements. C'est lui qui "donne". Si Daniel et ses amis sont devenus ce qu'ils sont, ce n'est pas du mécaniquement à la valeur de leur entraînement intensif, mais c'est le résultat d'une grâce d'en haut. Le nombre 10 est répété comme si le degré de sagesse qui leur est imparti avait quelque chose à voir avec leur "oeuvre" des 10 jours. Ce n'est pas leur effort diététique qui a produit un tel résultat. Daniel n'a pas pris ces aliments comme une potion magique ou comme un régime idéal destiné à le rendre supérieur aux autres, mais plutôt par souci de fidélité à son Dieu.
Cette épreuve est un acte de foi et non une oeuvre juste. Daniel est ses compagnons ont couru un risque, le risque de la foi, et c'est ce qui les a sauvés. Daniel nous apprend que la foi, l'intelligence et la vigueur physique vont bien ensemble et ne sont pas incompatibles. La conclusion du chapitre 1 fait allusion au retour de l'exil et au salut d'Israël, à travers Cyrus (2Chr 36:21-23) et donne la réponse Divine aux prières et aux prédictions des prophètes (Esaïe 45:1-13).
Le chapitre 1 nous parle donc de deux saluts de nature différente. Un salut dans l'existence présente, Dieu est proche de nous jusque dans l'exil, dans nos peines et nos humiliations de tous les jours. Mais l'expérience religieuse ne se limite pas au bonheur du présent, la présence immédiate de Dieu se conjugue avec une attente passionnée de son intervention historique et cosmique. C'est pourquoi le salut est aussi et surtout un événement "historique" du futur, une promesse non encore accomplie, une prophétie.
C'est la dernière leçon de tout le chapitre, un message qui justement a trait à la promesse d'un salut historique et cosmique, la promesse du royaume de Dieu. A suivre....chapitre 2 de Daniel, le colosse et la montagne. |
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| DANIEL, verset par verset. (Adventistes) |
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Posté le: Jeu Déc 18, 2003 3:58 am
Sujet du message: Daniel, suite 03
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Bonjour, je vous propose la suite 03
TEXTE BIBLIQUE, DANIEL 2 versets 1 à 13 :
1 La seconde année du règne de Nebucadnetsar, Nebucadnetsar eut des songes. Il avait l'esprit agité, et ne pouvait dormir.
2 Le roi fit appeler les magiciens, les astrologues, les enchanteurs et les Chaldéens, pour qu'ils lui disent ses songes. Ils vinrent, et se présentèrent devant le roi.
3 Le roi leur dit, j'ai eu un songe; mon esprit est agité, et je voudrais connaître ce songe.
4 Les Chaldéens répondirent au roi en langue araméenne: O roi, vis éternellement! dis le songe à tes serviteurs, et nous en donnerons l'explication.
5 Le roi reprit la parole et dit aux Chaldéens: La chose m'a échappé; si vous ne me faites connaître le songe et son explication, vous serez mis en pièces, et vos maisons seront réduites en un tas d'immondices.
6 Mais si vous me dites le songe et son explication, vous recevrez de moi des dons et des présents, et de grands honneurs. C'est pourquoi dites-moi le songe et son explication.
7 Ils répondirent pour la seconde fois: Que le roi dise le songe à ses serviteurs, et nous en donnerons l'explication.
8 Le roi reprit la parole et dit: Je m'aperçois, en vérité, que vous voulez gagner du temps, parce que vous voyez que la chose m'a échappé.
9 Si donc vous ne me faites pas connaître le songe, la même sentence vous enveloppera tous; vous voulez vous préparer à me dire des mensonges et des faussetés, en attendant que les temps soient changés. C'est pourquoi dites-moi le songe, et je saurai si vous êtes capables de m'en donner l'explication.
10 Les Chaldéens répondirent au roi: Il n'est personne sur la terre qui puisse dire ce que demande le roi; aussi jamais roi, quelque grand et puissant qu'il ait été, n'a exigé une pareille chose d'aucun magicien, astrologue ou Chaldéen.
11 Ce que le roi demande est difficile; il n'y a personne qui puisse le dire au roi, excepté les dieux, dont la demeure n'est pas parmi les hommes.
12 Là-dessus le roi se mit en colère, et s'irrita violemment. Il ordonna qu'on fasse périr tous les sages de Babylone.
13 La sentence fut publiée, les sages étaient mis à mort, et l'on cherchait Daniel et ses compagnons pour les faire périr.
COMMENTAIRE Chapitre 2, versets 1 à 13
Nous sommes en 603, trois ans après. Daniel et ses amis viennent de terminer leurs études et de passer avec succès l'examen du roi. Désormais ils sont membres à part entière de la classe des Chaldéens. C'est alors que le roi a un songe qui va mettre tout le royaume en émoi. A l'époque, les rêves étaient reçus comme des messages des dieux. Les rois étaient convaincus de la valeur de ce moyen de communication entre les dieux et les hommes. L'agitation du roi est normale dans ce contexte. Le roi ne veut pas seulement connaître l'explication de son rêve, il veut aussi savoir ce qu'il a rêvé.
LE RÊVE OUBLIE:
Nebucadnetsar se souvient qu'il a rêvé, il sent que ce rêve est important, mais il a oublié son rêve. Il y a là un paradoxe, s'il a oublié le rêve, comment sait-il qu'il est important ? Nebucadnetsar sait que son rêve est important parce qu'il l'a eu plusieurs fois. Le mot "rêves" est en effet utilisé au pluriel dans le texte (v1). Une répétition du même rêve en quelque sorte, qu'il aurait oublié!! Le roi a oublié le rêve parce qu'il en a été bouleversé (v3). Le roi a compris le message des dieux, mais cette révélation l'a tellement effrayé qu'il fuit dans l'oubli. Le roi refuse la réalité de ce rêve qui lui est donné pour mieux se connaître et connaître ses limites (v30).
C'est Dieu qui est à l'origine de cette amnésie. Ne pas se souvenir d'un rêve était un signe qu'il provenait des dieux, et que son dieu est en colère contre lui. ("Il n'est personne qui puisse le dire" -v10- , "excepté les dieux qui ne demeurent pas parmi les hommes" -v11- , Daniel lui-même dit: "ce que le roi demande", la révélation et l'explication d'un rêve oublié, "est un secret que les sages, les magiciens et les devins ne sont pas capables de découvrir au roi... Mais il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets" -v27à2 . Cet oubli devait fournir au roi et aux autres la preuve même que son rêve était bien une révélation d'en haut, et que son rêve est certainement un message des dieux.
Cet oubli du roi sera utilisé comme un critère d'objectivité, un test pour lui permettre de juger l'interprétation. "Dites-moi le songe, et je saurai si vous êtes capables de m'en donner l'explication" (v9). Nebucadnetsar ne veut pas d'une simple explication d'astrologue professionnel. Il veut connaître l'explication du songe, la seule qui soit juste. Il n'y a pas de place ici pour la diversité des opinions. La vérité est unique et toutes les autres vérités ne sont que "mensonges et faussetés" (v9), "un moyen de gagner du temps" (v8). Nebucadnetsar prend soudain conscience qu'il a été trompé. De l'angoisse, le roi passe naturellement à la fureur meurtrière puisque tous les Chaldéens sont des charlatans et des menteurs, ils seront tous exécutés. Tous, y compris Daniel: "et l'on cherchait Daniel et ses compagnons pour les faire périr" (v13).
DANIEL 2, versets 14 à 23
14 Alors Daniel s'adressa d'une manière prudente et sensée à Arjoc, chef des gardes du roi, qui était sorti pour mettre à mort les sages de Babylone.
15 Il prit la parole et dit à Arjoc, commandant du roi: Pourquoi la sentence du roi est-elle si sévère? Arjoc exposa la chose à Daniel.
16 Et Daniel se rendit vers le roi, et le pria de lui accorder du temps pour donner au roi l'explication.
17 Ensuite Daniel alla dans sa maison, et il instruisit de cette affaire Hanania, Mischaël et Azaria, ses compagnons,
18 les engageant à implorer la miséricorde du Dieu des cieux, afin qu'on ne fît pas périr Daniel et ses compagnons avec le reste des sages de Babylone.
19 Alors le secret fut révélé à Daniel dans une vision pendant la nuit. Et Daniel bénit le Dieu des cieux.
20 Daniel prit la parole et dit: Béni soit le nom de Dieu, d'éternité en éternité! A lui appartiennent la sagesse et la force.
21 C'est lui qui change les temps et les circonstances, qui renverse et qui établit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la science à ceux qui ont de l'intelligence.
22 Il révèle ce qui est profond et caché, il connaît ce qui est dans les ténèbres, et la lumière demeure avec lui.
23 Dieu de mes pères, je te glorifie et je te loue de ce que tu m'as donné la sagesse et la force, et de ce que tu m'as fait connaître ce que nous t'avons demandé, de ce que tu nous as révélé le secret du roi.
COMMENTAIRE CHAPITRE 2, versets 14-23, PRIERE POUR UN SECRET:
A la violence des cris de fureur du roi, répond le calme de la parole "prudente et sensée" de Daniel (v14). A l'angoisse de Nebucadnetsar répondent le recueillement et la prière de Daniel. C'est la première prière du livre de Daniel, c'est tout d'abord une vraie prière. Elle n'est pas mécanique, par l'habitude, par l'automatisme rituel. Elle n'est pas théâtrale, par désir de plaire aux autres. Elle n'est pas superstitieuse, avec de belles paroles, c'est un cri de supplication d'un menacé à mort. Elle vise la communication avec le Dieu du ciel, pour que Dieu parle. Daniel ne prie pas pour prier, mais pour recevoir des réponses, et effectivement le Dieu du ciel répond: "le secret de roi lui est révélé dans une vision pendant la nuit" (v19).
Le prophète n'a pas accès au secret par le moyen de techniques particulières, grâce à la supériorité de sa sagesse ou à la valeur de sa prière (v30). Daniel a compris que l'exaucement de la prière ne dépend pas de la valeur de celui qui l'offre. Le processus se réalise de haut en bas, de Dieu vers l'homme, et non de bas en haut, comme pour la tour de Babel.
C'est ici que réside la différence essentielle entre la prière de Daniel et la conception magique des Chaldéens. Pour les Chaldéens tout se passe en bas, au niveau de la technique. Pour eux il est impossible d'avoir accès aux dieux d'en haut,lointains,inaccessibles,"dont la demeure n'est pas parmi les hommes" (v11). Pour Daniel, il n'a pas besoin de connaître le rêve pour en fournir la clé, pour Daniel,"le Dieu du ciel est le Dieu qui révèle les secrets" (v28), pour Daniel, le Dieu du ciel c'est le Dieu qui conduit l'histoire, le Dieu qui descend et communique avec l'homme.
Après avoir demandé et reçu, Daniel bénit le Dieu des cieux: à qui "appartiennent la sagesse et la force" (v20), qui est descendu et lui a donné "la sagesse et la force et lui a révélé le secret du roi" (v21-23). A travers cette reconnaissance, Daniel sais qu'il possède le secret du roi, Daniel reconnaît qu'il s'agit là d'un don de Dieu, d'une grâce (v23). Daniel sait que cette grâce est imméritée, et il découvre que cette faveur ne lui est pas destinée à lui seul. La réponse de Dieu à Daniel concerne en fait "le destin du monde", "ce qui arrivera dans la suite des temps" (v28). Ce rêve est aussi le salut du roi: "afin que tu connaisses les pensées de ton coeur" (v30) |
_________________ Ayons cette même pensée; et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera (ou m'éclairera) aussi là-dessus. (Phil 3:15.) septphil@free.fr
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| DANIEL, verset par verset. (Adventistes) |
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Posté le: Jeu Déc 18, 2003 4:03 am
Sujet du message: Daniel, suite 04
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Bonjour, je vous propose la suite 04
TEXTE BIBLIQUE DANIEL 2: 24-45
24 Après cela, Daniel se rendit auprès d'Arjoc, à qui le roi avait ordonné de faire périr les sages de Babylone; il alla, et lui parla ainsi: Ne fais pas périr les sages de Babylone! Conduis-moi devant le roi, et je donnerai au roi l'explication.
25 Arjoc conduisit promptement Daniel devant le roi, et lui parla ainsi: J'ai trouvé parmi les captifs de Juda un homme qui donnera l'explication au roi.
26 Le roi prit la parole et dit à Daniel, qu'on nommait Beltschatsar: Es-tu capable de me faire connaître le songe que j'ai eu et son explication?
27 Daniel répondit en présence du roi et dit: Ce que le roi demande est un secret que les sages, les astrologues, les magiciens et les devins, ne sont pas capables de découvrir au roi.
28 Mais il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets, et qui a fait connaître au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera dans la suite des temps. Voici ton songe et les visions que tu as eues sur ta couche.
29 Sur ta couche, ô roi, il t'est monté des pensées touchant ce qui sera après ce temps-ci; et celui qui révèle les secrets t'a fait connaître ce qui arrivera.
30 Si ce secret m'a été révélé, ce n'est point qu'il y ait en moi une sagesse supérieure à celle de tous les vivants; mais c'est afin que l'explication soit donnée au roi, et que tu connaisses les pensées de ton coeur.
31 O roi, tu regardais, et tu voyais une grande statue; cette statue était immense, et d'une splendeur extraordinaire; elle était debout devant toi, et son aspect était terrible.
32 La tête de cette statue était d'or pur; sa poitrine et ses bras étaient d'argent; son ventre et ses cuisses étaient d'airain;
33 ses jambes, de fer; ses pieds, en partie de fer et en partie d'argile.
34 Tu regardais, lorsqu'une pierre se détacha sans le secours d'aucune main, frappa les pieds de fer et d'argile de la statue, et les mit en pièces.
35 Alors le fer, l'argile, l'airain, l'argent et l'or, furent brisés ensemble, et devinrent comme la balle qui s'échappe d'une aire en été; le vent les emporta, et nulle trace n'en fut retrouvée. Mais la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne, et remplit toute la terre.
36 Voilà le songe. Nous en donnerons l'explication devant le roi.
37 O roi, tu es le roi des rois, car le Dieu des cieux t'a donné l'empire, la puissance, la force et la gloire;
38 il a remis entre tes mains, en quelque lieu qu'ils habitent, les enfants des hommes, les bêtes des champs et les oiseaux du ciel, et il t'a fait dominer sur eux tous: c'est toi qui es la tête d'or.
39 Après toi, il s'élèvera un autre royaume, moindre que le tien; puis un troisième royaume, qui sera d'airain, et qui dominera sur toute la terre.
40 Il y aura un quatrième royaume, fort comme du fer; de même que le fer brise et rompt tout, il brisera et rompra tout, comme le fer qui met tout en pièces.
41 Et comme tu as vu les pieds et les orteils en partie d'argile de potier et en partie de fer, ce royaume sera divisé; mais il y aura en lui quelque chose de la force du fer, parce que tu as vu le fer mêlé avec l'argile.
42 Et comme les doigts des pieds étaient en partie de fer et en partie d'argile, ce royaume sera en partie fort et en partie fragile.
43 Tu as vu le fer mêlé avec l'argile, parce qu'ils se mêleront par des alliances humaines; mais ils ne seront point unis l'un à l'autre, de même que le fer ne s'allie point avec l'argile.
44 Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d'un autre peuple; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement.
45 C'est ce qu'indique la pierre que tu as vue se détacher de la montagne sans le secours d'aucune main, et qui a brisé le fer, l'airain, l'argile, l'argent et l'or. Le grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit arriver après cela. Le songe est véritable, et son explication est certaine.
COMMENTAIRE "REVE DE ROYAUME":
Dès le début de l'explication du songe par Daniel, le verbe (regarder, hzh) nous révèle que le rêve du roi est de nature prophétique: "tandis que moi, Daniel, j'avais (je regardais) cette vision" Daniel 8:15. Dans notre texte, ce verbe (regarder) marque les deux étapes du rêve, le premier "tu regardais" (v31) introduit le début de la statue, le deuxième "tu regardais" (v34) introduit la fin de la statue. Le rêve dépasse Nebucadnetsar et le royaume de Babylone, il s'étend au-delà du présent pour embrasser le futur jusqu'à la fin. Aujourd'hui, il est possible de suivre cette prophétie en parallèle avec l'histoire et de vérifier si le prophète a vu juste.
Le nombre de quatre (les 4 royaumes de la statue) est significatif, car il symbolisait la totalité de la dimension terrestre. Daniel 7:2 "les quatre vents des cieux firent irruption sur la grande mer. Daniel 11:4 "son royaume sera divisé vers les 4 vents des cieux. Ezéchiel 37:9 "Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts..." Apoc 7:1 "je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre....". Il y a dans ce rêve deux ordres opposés qui sont prédits: l'ordre terrestre, que représente les matériaux qui couvre les versets 31 à 33 en trente-sept mots, et l'ordre de la pierre et de la montagne qui couvre les versets 34 à 35 en quarante-sept mots. Le seul mystère qui demeure concerne la signification de chacun des métaux, et surtout de la pierre dont l'importance est telle que l'espace qui lui est réservé dépasse celui couvert par tous les métaux à la fois.
LA STATUE:
LA TÊTE D'OR:
La tête représente la première étape. Le mot "tête" (resh) signifie "commencement" ou "premier", en hébreu comme en araméen. L'or était le métal favori de Babylone, le prophète Jérémie compare Babylone à une coupe d'or (Jér 51:7). Hérodote, l'historien grec du 4ème siècle avant J-C, de passage à Babylone s'émerveille de l'abondance de l'or dans les constructions du temple et du palais. Les murs, les objets, les statues resplendissaient de ce métal précieux, signe de la splendeur et de la gloire de Babylone (Hérodote I, 181, 183; III, 1-7).
Le titre "roi des rois" est appliqué à Nebucadnetsar dans Ezéchiel 26:7 "Car ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: voici, j'amène du septentrion contre Tyr Nebucadnetsar, roi de Babylone, le roi des rois, avec des chevaux, des chars, des cavaliers et une grande multitude de peuples". Les rois babyloniens étaient ainsi désignés pour se différencier de toutes les principautés de la région et à leurs roitelets respectifs, qui étaient soumis à la juridiction de Babylone. Chez Daniel ce titre revêt une signification particulière, il s'applique prophétiquement à la tête, premier élément de la statue, et à l'or le métal le plus précieux qui désigne le roi suprême de l'époque.
De plus (v37-38), l'idée que Dieu confie à Nebucadnetsar la "domination" de tous les animaux rappelle la responsabilité d'Adam, dans Genèse 1:28. Nebucadnetsar est ici assimilé au premier homme, car comme Adam il est le roi de terre, et comme Adam il fait démarrer l'histoire. En soulignant la primauté du roi, Daniel lui rappelle en même temps sa responsabilité et sa dépendance de Dieu (v37-38). Tout lui vient de Dieu: l'empire, la puissance, la gloire, la domination... Ici, la prophétie dépasse la personne de Nebucadnetsar et s'applique au royaume de Babylone en tant que régime dans son ensemble. Le mot "roi" est utilisé comme synonyme de "royaume" (Dan 2:44; 7:17,23)
Après toi s'élèvera un autre royaume (v39). L'interprétation de la prophétie par Daniel nous amène donc à identifier "la tête d'or", le premier royaume, comme le royaume de Babylone à partir du début du règne de Nebucadnetsar en 605 av J-C et jusqu'à la chute de Babylone en 539 av J-C.
LA POITRINE ET LES BRAS D'ARGENT:
Le royaume de Babylone est suivi d'un autre royaume inférieur, comme l'indique implicitement l'argent par rapport à l'or (v39). Il s'agit de celui des Mèdes et des Perses, ainsi appelé à cause de sa double origine à la fois mède et perse, et non des perses seulement. Le royaume perse était contemporain du royaume babylonien. Le royaume des Mèdes était déjà tombé sous le Perse Cyrus, à la suite d'une bataille contre le Mède Astyages, qu'il avait vaincu et détrôné à la tête du royaume perse. Suite à ses victoires, Cyrus prend le pouvoir à la tête des royaumes mède et perse, et il instaure le royaume des "Mèdes et des Perses". Daniel désigne les Mèdes et les Perses pour succéder à Babylone: Daniel 5:28 "ton royaume sera divisé, et donné aux Mèdes et aux Perses". Daniel 8:20 "le bélier que tu as vu....ce sont le rois des Mèdes et des Perses". Le royaume des Mèdes et des Perses était géographiquement plus étendu que le royaume de Babylone. Néanmoins, il lui était inférieur sur le plan de la culture et de la civilisation.
La référence à l'argent: l'argent était considéré comme valeur standard des Perses de l'époque. Les Perses se servirent de l'argent comme unité de taxe. D'après Hérodote (III, 89-95), l'impôt chargé sur les vingt satrapes (gouverneurs) devait se payer en poids d'argent. Seule la Satrapie indienne, qui était la plus riche, devait verser son dû en poids d'or, et même là, l'équivalent devait être mesuré en argent. L'argent caractérise également ce royaume en ce qu'il évoquait, l'idée de richesse. C'est la richesse qui, d'après Daniel lui-même, assura la puissance politique des derniers rois perses (Dan 11:2). Ce royaume médo-perse dura de 539 av J-C, date de la chute de Babylone, à 331 av J-C, date de la chute du dernier roi perse Darius III vaincu à Arbeles par les armées gréco-macédoniennes, avec Alexandre le grand. |
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| DANIEL, verset par verset. (Adventistes) |
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Posté le: Jeu Déc 18, 2003 4:05 am
Sujet du message: Daniel, suite 05
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Bonjour, je vous propose la suite 05
Daniel 2:39... puis un troisième royaume qui sera d'airain, et qui dominera sur toute la terre.
COMMENTAIRE: Le ventre et les cuisses d'airain.
Le royaume qui suit est représenté par l'airain. L'airain semble avoir été l'une des spécialités des Grecs (Ezéchiel 27:13 "Javan, Tubal et Méschec trafiquaient avec toi; ils donnaient des ustensiles d'airain en échange de tes marchandises). L'airain était surtout utilisé par les soldats grecs, leurs armures, leurs casques, leurs boucliers et même leurs haches de guerre, tout était en airain.
En plus de l'idée de décadence (ce métal vient après l'or et l'argent), l'airain exprime ici l'idée de conquête. "qui dominera toute la terre" (v39). L'histoire encore une fois confirme la prophétie, grâce aux armées d'Alexandre le Grand, la Grèce devint très vite, en une dizaine d'années, le royaume le plus vaste de ce temps, s'étendant jusqu'aux confins de l'Inde et de la Perse, en passant par la Phénicie, la Palestine et l'Egypte.
Alexandre le Grand était devenu le successeur des rois médo-perses, et il s'établit comme le maître du monde de l'époque. Alexandre imposa donc à ses soldats de se mêler à la population et même d'épouser les femmes des pays conquis. Ainsi, la langue et la culture grecques se répandirent partout jusqu'à devenir un fait mondial dont on peut encore mesurer les effets jusqu'à nos jours. L'empire grec devait durer de 331 av J-C, date de la victoire d'Alexandre sur les Perses, jusqu'à 168 av J-C, au moment où la Macédoine passa sous le contrôle romain, puis fut annexée en 142 av J-C.
Daniel 2:40...Il y aura un quatrième royaume, fort comme le fer; De même que le fer brise et rompt tout, il brisera et rompra tout, comme le fer qui met tout en pièces.
COMMENTAIRE: Les jambes de fer
Après l'âge d'airain, la prophétie de la statue prévoit un passage à l'âge de fer. Alors que les Grecs utilisaient l'airain, les Romains, eux, employèrent surtout le fer. Après le bronze apparut l'épée de fer.
A considérer la réalité historique, l'armée romaine était bien une armée de fer, avec ses épées de fer, ses boucliers de fer, son armure de fer, son casque de fer, et en particulier son pilum, sorte de lance de fer pouvant servir de javelot. Mais selon l'explication de Daniel, la référence au fer vise surtout une qualité, la force (v41) et un comportement "briser, rompre et mettre en pièces" (v40). Avec son armée de fer et son administration de fer, Rome est décrite comme une puissance qui brise tout sur son passage. Un autre signe de force: la puissance romaine devait durer cinq cents ans, c'est elle qui a tenu le plus longtemps. Le dernier empereur fut détrôné par Odacre, un chef germain, en 476.
Daniel 2:41...Et comme tu as vu les pieds et les orteils en partie d'argile de potier et en partie de fer, ce royaume sera divisé, mais il y aura en lui quelque chose de la force du fer, parce que tu as vu le fer mêlé avec l'argile.
COMMENTAIRE: les pieds en partie d'argile et de fer
Avec cette partie nous atteignons la dernière étape de l'histoire humaine. Vu sa longueur, plus de la moitié du texte lui est consacré (v41-43), c'est la partie qui retient le plus l'attention du prophète. Le texte ne désigne pas ce régime comme un nouveau royaume distinct du quatrième royaume; il appartient toujours au régime du quatrième royaume. D'ailleurs il contient encore du fer. Un élément nouveau apparaît aux côtés du fer, l'argile. Cette association étrange reçoit dans l'explication du prophète trois sens différents.
1) Ce royaume sera divisé (v41). Le fer et l'argile sont vus ensemble dans un rapport négatif, le fer et l'argile signifient la division. Cette particularité est d'autant plus frappante qu'elle survient après une période d'unité vécue sous le gouvernement romain. L'histoire confirme les données de la prophétie, depuis Rome en effet cette région du monde n'a plus connu d'unité, et si l'on en croit le prophète, cet état est appelé à durer jusqu'à la fin.
Daniel 2:42...Et comme les doigts de pieds étaient en partie de fer et en partie d'argile, ce royaume sera en partie fort et en partie fragile.
2) Ce royaume sera en partie fort et en partie fragile (v42). Le fer et l'argile sont vu séparément, le fer signifie la force et l'argile la faiblesse. Divisé, le royaume est constitué d'éléments forts et d'éléments faibles. On peut reconnaître là les caractéristiques du monde qui a suivi l'ère romaine jusqu'à nos jours. Après l'empire romain uni et fort, on ne trouve plus qu'une multiplicité de nations à valeur inégale.
Mais au-delà de ces qualités "fort et faible", le fer et l'argile ont leur signification respective en fonction de leur matériau. Dans les royaume précédents, nous avons constaté que chacun des métaux représentait un royaume, l'or représentait la gloire et le prestige de babyone, l'argent représentait la puissance financière des Perses, l'airain représentait la puissante armée de la Grèce, le fer représentait la puissance administrative de Rome.
Si les métaux de la statue ont été choisis pour traduire la nature des royaumes respectifs qu'ils représentent, il en est de même pour l'argile. Les métaux représentaient des pouvoirs politiques. L'apparition de l'argile à leur suite et à leur côté indique que le pouvoir ici représenté est d'une nature essentiellement différente des métaux. Daniel spécifie ici qu'il s'agit "d'argile de potier" (v41) qui est généralement utilisé pour exprimer l'idée de création, avec une connotation spirituelle.
Esaïe 64:8...Cependant, Ô Eternel, tu es notre père, nous sommes l'argile, et c'est toi qui nous as formés, nous sommes tous l'ouvrage de tes mains.
Esaïe 45:9...Malheur à qui conteste avec son créateur! l'argile dit-elle à celui qui la façonne: Que fais-tu ?
Romains 9:21...Le potier n'est-il pas maître de l'argile ?, (pour faire ce qu'il veut...).
Nous avons de fortes raisons de penser que l'argile de la statue représente un pouvoir différent par rapport aux pouvoirs précédents qui sont de nature politique; c'est certainement un pouvoir de nature religieuse qui est en association avec le pouvoir politique représenté par le fer, Rome. Sur le plan de l'histoire, ce pouvoir devait apparaître en même temps que Rome au moment de ses divisions, après 476. Il s'agit d'un pouvoir religieux lié au pouvoir politique de Rome. Ce pouvoir politico-religieux devrait être encore présent de nos jours, puisque d'après Daniel il est appelé à durer jusqu'à la fin des temps. Nous développerons cet aspect dans les chapitres 7 à 12.
Daniel 2: 43... Tu as vu le fer mêlé avec l'argile, parce qu'ils se mêleront par des alliances humaines; mais ils ne seront point unis l'un à l'autre, de même que le fer ne s'allie point avec l'argile.
3) "Ils se mêleront par des alliances humaines", ici le fer et l'argile sont à nouveau vus ensemble, mais cette fois-ci selon un rapport positif: le fer "mêlé" à l'argile signifie des tentatives d'alliances. Cette dernière explication revêt une importance particulière, car c'est la seule à être explicitement située chronologiquement dans l'histoire: "dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume" (v44). Elle est aussi la seule à remarquer une action: "ils se mêleront", alors que jusqu'à présent les explications concernaient un état ou une qualité: "divisé" (v41), "fort et fragile" (v42).
En fait, les 2 explications précédentes (points 1 et 2 ) décrivent un état qui dure jusqu'à la fin, tandis que la dernière voit une action qui ne survient qu'à la fin des temps. Pour la première fois le verbe est au pluriel et concerne plusieurs "rois" (v44). Précédemment on ne parlait que d'un seul royaume "divisé" (v41) ou du royaume "en partie fort et en partie fragile" (v42).
Ce dernier symptôme du temps de la fin est donc vu dans cette course effrénée des rois de la terre en quête d'alliances qui n'aboutissent pas. On peut ici penser à l'épisode de la tour de Babel, la descente du Dieu du ciel survient juste au moment où les bâtisseurs, de peur de disparaître, s'unissent pour construire une tour et se faire un nom (Genèse 11:4). De la même manière à la fin des temps, le Dieu du ciel survient juste au moment où les puissances de la terre sont animées du même souci de s'unir "par des alliances humaines".
Or ce portrait du temps de la fin, caractérisé par un engouement pour l'unité, ressemble étrangement à notre temps. Jamais dans l'histoire humaine on a enregistré à l'échelle mondiale, autant de mouvements d'unité que de nos jours. Pour la première fois les puissances de la terre ressentent le besoin de s'unir à tous les niveaux. On peut penser aux alliances politiques comme l'OTAN, l'ONU, ou aux alliances économiques comme: le marché commun, la CEE, l'OPE, ou aux alliances religieuses comme l'oeucuménisme, ou les alliances des grandes compagnies, banques, usines...
Mais depuis peu on ose penser à une alliance encore plus audacieuse, désormais les puissances de ce monde se rencontrent et travaillent à l'unité qui vise pour la première fois à une politique globale embrassant tous les domaines et tous les continents: "le nouvel ordre mondial". Les événements se bousculent à une vitesse extraordinaire sous nos yeux et en harmonie avec la prophétie. La leçon s'impose: l'histoire humaine touche bientôt à sa fin. |
_________________ Ayons cette même pensée; et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera (ou m'éclairera) aussi là-dessus. (Phil 3:15.) septphil@free.fr
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| DANIEL, verset par verset. (Adventistes) |
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Posté le: Jeu Déc 18, 2003 4:09 am
Sujet du message: Daniel, suite 06
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Bonjour, je vous propose la suite 06
DANIEL, Chapitre 2, versets 44 et 45:
44 Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera une royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d'un autre peuple; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement.
45 C'est ce qu'indique la pierre que tu as vue se détacher de la montagne sans le secours d'aucune main, et qui a brisé le fer, l'airain, l'argile, l'argent et l'or.
LA PIERRE: commentaire;
Nous voilà dans la partie la plus importante du rêve, vers laquelle tout converge. Daniel avait commencé son explication par référence au "Dieu des cieux" qui donne les royaumes (temporels) (v37). Daniel introduit cette deuxième partie là aussi par une référence au "Dieu des cieux", qui cette fois-ci suscite un royaume éternel. Dans un premier temps les royaumes sont donnés à l'homme qui en est le maître, dans un deuxième temps le royaume est suscité par le "Dieu des cieux" qui en reste le maître.
Il s'ensuit que le deuxième ordre, ou royaume, s'oppose au premier à tous les niveaux. Au niveau des matériaux (l'unité de la pierre s'oppose à la diversité des matériaux de la statue qui changent tout le temps). Le deuxième système est fait d'un seul royaume, tandis que le premier est composé de plusieurs royaumes. La pierre à l'état brut évoque la dimension divine, et symbolise Dieu et le Messie. (Psaume 118:22 La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle. Esaïe 28:16 Voici, j'ai mis pour fondement en Sion une pierre, une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix, solidement posée; celui qui la prendra pour appui n'aura point hâte de fuir. Actes 4:11 Jésus est la pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la principale de l'angle.).
La pierre a servi pour graver les 10 commandements, le contrat d'alliance entre Dieu et l'homme (Ex 24:12). Par contre les métaux sont surtout utilisés pour la fabrication d'idoles et évoquent par conséquent la religion d'inspiration humaine. (Daniel 3:5 Vous vous prosternez et vous adorerez la statue d'or qu'a élevée le roi Nebucadnetsar. Daniel 5:4,23 et ils louèrent les dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer...). Dans le contexte de Daniel, la pierre parle du royaume de Dieu, tandis que les métaux parlent des royaumes de l'homme. Quant à l'argile, dont la nature pourrait être apparentée à la pierre, elle est censée évoquer la dimension religieuse, mais liée au fer elle perd sa vocation d'argile pour participer également à l'oeuvre d'idolâtrie.
AU NIVEAU DE L'ORIGINE:
La venue de la pierre qui se détache sans le secours d'aucune main (v34,45) contraste avec l'apparition des matériaux de la statue qui se succèdent mécaniquement. Le royaume de la pierre se distingue des royaumes de la statue en ce qu'il est, lui, "suscité" par le Dieu des cieux (v44). Il est d'en haut et Daniel précise même que la pierre provient "de la montagne" (v45). Pour les babyloniens, la "montagne" signifie le lieu d'habitation des grands dieux et notamment d'Enlil, le dieu des dieux dont la demeure est dans le ciel. Selon les croyances babylonienne, cette montagne est donc claire: en provenance de "la montagne", c'est-à-dire lancée à partir du ciel, la pierre représente un royaume d'origine céleste.
Pour le prophète hébreu, la montagne revêt un sens encore plus spécifique. Il signifie Sion ou Jérusalem et évoque de ce fait également la résidence céleste. Car la montagne de Sion, ou Jérusalem, est aussi vue dans le ciel (Daniel 9:16,20 que ta colère et ta fureur se détournent de ta ville de Jérusalem, de ta montagne sainte...en faveur de la sainte montagne de Dieu. Daniel 11:45 vers la glorieuse et sainte montagne. Psaume 48:3 Belle colline, joie de toute la terre, la montagne de Sion; le côté septentrional, c'est la ville du grand roi. Esaïe 14:13 J'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu; je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée, à l'extrémité du septentrion.). La pierre est issue du rocher et est par conséquent non seulement d'origine divine, mais participe également à son essence. Ces deux motifs "rocher" (sur) et "pierre" (eben) sont d'ailleurs synonymes, pour représenter l'Eternel (Esaïe 8:14).
AU NIVEAU DE LA NATURE:
La pierre s'oppose à la statue en ce qu'elle est lancée contre elle. Le verbe "frapper" (v35) suggère une agression et un choc, car le royaume suscité par Dieu ne se situe pas dans le prolongement naturel des royaumes humains, mais il implique au contraire une cassure absolue. Tous les royaumes humains sont brisés (v35), détruits et complètement anéantis (v44), nulle trace n'en fut retrouvée (v35). (2Pierre 3:10 le jour du Seigneur viendra comme un voleur; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les oeuvres qu'elle renferme sera consumée.). C'est un nouveau royaume qui n'a rien à voir avec les précédents, ce royaume n'a même rien de commun avec l'argile qui elle aussi est détruite, dans le même souffle que le fer (v35,45).
Ce royaume est essentiellement différent parce qu'il est d'ailleurs. Issue de la montagne, la pierre devient ce qu'elle était à l'origine, c'est à dire "montagne". Ce royaume est différent des autres parce qu'il "subsistera éternellement" (v44), il ne passera pas sous la domination d'un autre peuple (v44), et "il ne sera jamais détruit"(v44). Le royaume céleste est partout et pour toujours sur la terre, aucune conception humaine ne saurait le décrire sans se tromper. (1Cor 2:9 ce sont des choses que l'oeil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont point montées au coeur de l'homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment.).
(DANIEL 2:45 Le grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit arriver après cela. Le songe est véritable et son explication est certaine.). Pour Nebucadnetsar, la preuve que cette "explication est certaine", c'est que le "songe est véritable" (v45). Le roi ne manque pas de saisir la portée de cette leçon, et d'en dégager les implications pour lui-même.
PRIERE PAR TRANSFERT (v46-49):
Texte Biblique: Daniel 2:46-49:
46 Alors le roi Nebucadnetsar tomba sur sa face et se prosterna devant Daniel, et il ordonna qu'on lui offrît des sacrifices et des parfums.
47 Le roi adressa la parole à Daniel et dit: En vérité, votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des rois, et il révèle les secrets, puisque tu as pu découvrir ce secret.
48 Ensuite le roi éleva Daniel, et lui fit de nombreux et riches présents; il lui donna le commandement de toute la province de Babylone, et l'établit chef suprême de tous les sages de Babylone.
49 Daniel pria le roi de remettre l'intendance de la province de Babylone à Schadrac, Méschac et Abed-Nego. Et Daniel était à la cour du roi.
COMMENTAIRE versets 46-49:
La réaction de Nebucadnetsar est la prière, "alors le roi Nebucadnetsar tomba sur sa face et se prosterna" (v46), c'est la deuxième prière du livre de Daniel. Le roi n'ose pas encore s'adresser directement au Dieu du ciel, trop loin, trop étranger, ou peut-être trop gênant pour lui. Le roi porte donc son geste de prière aux pieds de Daniel, Nebucadnetsar ne confond pas Daniel avec son Dieu, Nebucadnetsar place clairement Dieu au-dessus de Daniel: "votre Dieu est le Dieu des dieux" (v47), il va même jusqu'à le reconnaître au-dessus de lui-même: "le Seigneur des rois" (v47).
L'expression ici utilisée peut aussi s'appliquer à Marduk, dieu babylonien qui confère la royauté; et Nabu, dont le roi porte le nom, n'était autre que le fils de Marduk. A travers les mots du roi on devine une confession douteuse. Nebucadnetsar n'a pas encore compris qui était Dieu, Nebucadnetsar n'a donc pas changé, son adoration reste suspecte. Le roi élève Daniel et le comble d'honneurs et de richesses. Le roi remplace la réponse verticale vers le haut par une réponse horizontale vers Daniel. La religion de Nebucadnetsar ne va pas plus loin que la personne humaine de Daniel. Cette prière par transfert est encore toute pétrie de l'orgueil de l'homme qui préfère la religion qu'il s'est fabriqué et choisit l'idole plutôt que Dieu. Il est plus facile de se prosterner devant une statue ou un homme que devant un Dieu invisible dont le royaume se situe dans l'avenir.
Pour le lecteur d'aujourd'hui l'argument ou la preuve joue différemment. A suivre l'histoire telle qu'elle a été annoncée par le rêve du roi babylonien au 4ème siècle av J-C, on peut reconnaître au passage Babylone, les Mèdes et les Perses, la Grèce, Rome, etc... Mais tous ces royaumes ne sont pas importants en eux-mêmes et le prophète ne s'y attarde pas. Ils ne sont là que pour servir d'appui à la dernière prophétie, celle du royaume d'en haut. Ils constituent la preuve que la prophétie de ce royaume n'est pas du domaine de l'utopie, mais s'accomplira tout aussi certainement que les autres prophéties. Ces royaumes sont là aussi comme points de repère, pour pouvoir situer chronologiquement le moment précis de la venue de ce royaume.
Sur la base de ces royaumes, le lecteur d'aujourd'hui peut dégager une double leçon concernant le royaume d'en haut. 1) Le royaume du Dieu du ciel est réel et se manifestera dans l'histoire, tout comme les royaumes humains que nous avons connus. 2) Les données de la prophétie nous permettent de conclure que ce royaume est très proche, autrement dit, le royaume d'en haut est à la fois certain et tout proche.
A suivre Daniel, chapitre 3, "Des pas dans la fournaise", |
_________________ Ayons cette même pensée; et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera (ou m'éclairera) aussi là-dessus. (Phil 3:15.) septphil@free.fr
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| DANIEL, verset par verset. (Adventistes) |
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Posté le: Jeu Jan 01, 2004 4:01 am
Sujet du message: Daniel, suite 007
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Bonjour, je vous propose la suite 07
Daniel, chapitre 3:
TEXTE BIBLIQUE, Daniel, chapitre 3 versets 1 à 7:
1 Le roi Nebucadnetsar fit une statue d'or, haute de soixante coudées et large de six coudées. Il la dressa dans la vallée de Dura, dans la province de Babylone.
2 Le roi Nebucadnetsar fit convoquer les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les grands juges, les trésoriers, les jurisconsultes, les juges, et tous les magistrats des provinces, pour qu'ils se rendissent à la dédicace de la statue qu'avait élevée le roi Nebucadnetsar.
3 Alors les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les grands juges, les trésoriers, les jurisconsultes, les juges, et tous les magistrats des provinces, s'assemblèrent pour la dédicace de la statue qu'avait élevée le roi Nebucadnetsar. Ils se placèrent devant la statue qu'avait élevée Nebucadnetsar.
4 Un héraut cria à haute voix: Voici ce qu'on vous ordonne, peuples, nations, hommes de toutes langues!
5 Au moment où vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d'instruments de musique, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue d'or qu'a élevée le roi Nebucadnetsar.
6 Quiconque ne se prosternera pas et n'adorera pas sera jeté à l'instant même au milieu d'une fournaise ardente.
7 C'est pourquoi, au moment où tous les peuples entendirent le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, et de toutes sortes d'instruments de musique, tous les peuples, les nations, les hommes de toutes langues se prosternèrent et adorèrent la statue d'or qu'avait élevée le roi Nebucadnetsar.
COMMENTAIRE: " Des pas dans la fournaise", Daniel 3:1à7
Nebucadnetsar passe du rêve imposé au rêve caressé, le roi avait compris après le rêve de la statue qu'il n'irait pas plus loin que la tête en or qui représentait son royaume. Nebucadnetsar décide alors de changer l'histoire, il fait dresser la statue du rêve mais cette fois-ci toute en or, comme pour narguer l'oracle. Nebucadnetsar veut un royaume qui touche jusqu'aux pieds, jusqu'à la fin. Il veut même un royaume de la même nature que le royaume suscité par Dieu et représenté par la pierre, un royaume éternel. Le même mot (heqim, chap.2:44, traduit "susciter") pour décrire le royaume de Dieu y apparaît huit fois (chap.3:1,2,3,5,7,12,14,18), pour décrire l'établissement de la statue (traduit "dresser, élevé"). Nebucadnetsar veut remplacer le royaume de Dieu.
BABEL ET BABYLONE, Daniel 3:1-7
La statue mesure soixante coudées (30 mètres de haut environ). Le système suméro-akkadien des nombres était sexagésimal. On le trouve encore dans notre division du temps (60 minutes, 60 secondes...). Le choix du nombre soixante représente dans la symbolique babylonienne l'idée d'unité: un seul royaume, une seule religion. Cette usurpation du roi de Babylone rappelle celle de la Babel antique, dans les deux passages on trouve le même mot plaine (biqah), le même décor (Genèse 11:1 ; Daniel 3:1). La tour comme la statue sont dressées "dans la plaine", l'espace est nécessaire pour contenir la foule en vue de l'adoration.
Les 2 évènements se passent probablement au même endroit, la même région géographique Babylone, et la même plaine. La plaine de Schinéar (Gen 11:2) et la plaine de Dura (Dan 3:1) se situent toutes deux dans la province de Babylone. Cet endroit connu en archéologie se trouve à 5 Km au sud de l'ancienne Babylone, près de la rivière Dura qui se jette dans l'Euphrate. Il s'agit d'une cérémonie religieuse dans les 2 cas, c'est une dédicace, une hanoukah (v2,3). Le mot est utilisé dans la bible pour une dédicace de l'autel ou du temple (Nombres 7:10,84,88 , 2Chroniques 7:9 , Psaume 30:1 ,etc...). Ici Nebucadnetsar prend la place de Dieu pour se faire adorer, c'est le même geste que le roi exprimait pour son adoration de Dieu (Dan 2:46) qui est exigé pour marquer l'adoration de la statue (Dan 3:6).
Babel-Babylone, c'est l'homme d'en bas qui s'élève pour prendre la gloire et les prérogatives d'en haut qui appartiennent à Dieu. Les bâtisseurs de Babel comme à Babylone sont convoqués, à Babel de toute la terre (Gen 11:1), à Babylone Nebucadnetsar rassemble les hommes de toutes langues (v4). A Babel comme à Babylone on ne tolère qu'une seule religion, tous sont assemblés et unis pour un même but, il n'y a pas de place pour être, croire, faire autrement. L'unité et la conformité sont exprimées même dans la statue, un seul métal partout, celui de l'or qui représente Nebucadnetsar. Les autres métaux ne sont pas tolérés: tous dans le même moule !
On sait qu'une telle politique engendre l'intolérance et la persécution. L'histoire a démontré que lorsque l'idéal à atteindre est l'unité, la différence devient suspecte, voire dangereuse et doit être éliminée. Celui qui ne s'aligne pas doit disparaître. La religion ici n'est pas le résultat d'un choix réfléchi, ni de la foi, ici on adore parce qu'on y est forcé. C'est une religion de fonctionnaires, de moutons de panurge, d'automates. On rencontre dans la vallée les fonctionnaires, satrapes, intendants, gouverneurs, juges, trésoriers, magistrats...(v2). Tous ces gens ne savent pas adorer eux-mêmes, ils ont besoin d'un mode d'emploi, d'un signal, tous alignés, bien en ordre "ils se placèrent devant la statue" (v3), tous sont prêts à obéir à l'ordre du maître, comme des automates.
Voici ce qu'on vous ordonne. Au moment du signal, vous vous prosternerez pour adorer la statue d'or qu'a élevée Nebucadnetsar (v5). Tout est bien mesuré et bien en place, cette insistance sur l'organisation trahit le vide spirituel. Le formalisme de la religion de Babel compense son vide spirituel, au moins l'émotion produite par tous ces instruments va créer l'illusion du sentiment religieux. Aujourd'hui encore, on peut saisir l'importance de cette influence, les foules s'assemblent autour des musiciens et chanteurs qui sont devenus les séducteurs et manipulateurs de notre temps. Pour un instant, on ne pense plus, on oublie, pris par la musique. Le phénomène a même envahi les églises, en réaction à la froideur cérébrale des services traditionnels, certains ont introduit du rythme, des instruments de toutes sortes. Les fidèles sont emportés dans les cris et l'enthousiasme parfois délirant, et le message est réduit à sa plus simple expression.
Cet épisode de Daniel nous met en garde de vouloir vivre la religion comme une excitation du moment. Notre être tout entier doit être impliqué dans l'adoration, pour ne pas risquer de se trouver un jour dans la foule prosternée devant une idole. La religion est ici vécue dans l'immédiat, saisi par l'émotion et emporté par le mouvement de la foule, on tombe à genoux par réflexe, sans penser aux conséquences. Le feu est là, juste à côté, lui aussi comme une menace immédiate, les Babyloniens étaient connus pour cette cruauté (Jér 29:21,22). Terrifié par la menace toute proche de la fournaise, on ne pense qu'au moment présent, et par instinct de conservation on obéit.
LA CALOMNIE DES CHALDEENS: Daniel 3:8-12
TEXTE BIBLIQUE, versets 8-12
8 A cette occasion, et dans le même temps, quelques Chaldéens s'approchèrent et accusèrent les Juifs.
9 Ils prirent la parole et dirent au roi Nebucadnetsar: O roi, vis éternellement!
10 Tu as donné un ordre d'après lequel tous ceux qui entendraient le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d'instruments, devraient se prosterner et adorer la statue d'or,
11 et d'après lequel quiconque ne se prosternerait pas et n'adorerait pas serait jeté au milieu d'une fournaise ardente.
12 Or, il y a des Juifs à qui tu as remis l'intendance de la province de Babylone, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, hommes qui ne tiennent aucun compte de toi, ô roi; ils ne servent pas tes dieux, et ils n'adorent point la statue d'or que tu as élevée.
COMMENTAIRE Daniel 3:8-12
Les Hébreux se distinguent encore une fois, comme dans le chapitre premier, par leur comportement, on les remarque car ils ne sont pas à genoux comme tout le monde. Ils sont les seuls debout dans la foule. Le chapitre ne révèle que le cas des trois Hébreux. Les Chaldéens sont jaloux de la position des trois Hébreux, ils sont là par ambition personnelle, non pour adorer. Leur démarche est plus politique que religieuse, ce qui les intéresse, ce n'est pas d'adorer mais c'est la place des Hébreux. Ils disent "ils ne tiennent pas compte de toi, Ô roi. Ils ne servent pas tes dieux, et ils n'adorent point la statue d'or que tu as élevée" (v12). Leur dévotion à Nebucadnetsar était certainement réelle, mais ce n'était très probablement pas le déshonneur provoqué au roi par les 3 Hébreux qui les motivaient en premier lieu dans leur démarche plutôt calomnieuse. Daniel était probablement ailleurs au moment de la dédicace. |
_________________ Ayons cette même pensée; et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera (ou m'éclairera) aussi là-dessus. (Phil 3:15.) septphil@free.fr
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